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11 Av du 16 Sept. 1947 à Tende
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CONSEILS ET GESTION
Vallée de la Bévéra et de la Roya
Nice Côte d'Azur / Tende
CONSEILS ET GESTION
immobilier Mer & Montagne

La Nouvelle Tendasque PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Nicole & Nicolas ZAHAR   

Il était assis sur l'un des bancs verts du bord de la route nationale : la fameuse Avenue du 16 Septembre 1947, à côté de l'épicier Pastorelli et face à l'agence immobilière de son fils à l'enseigne d'immotende.com. Ne demandez pas à José des explications sur le .com, il aurait un chapelet d'injures mûrement étudié à vous servir, en épelant la syllabe en question sans prononcer tout à fait la dernière lettre. Le regard toujours vif d'un bleu perçant et saisissant, vêtu comme un berger d'une veste de toile bleue et d'un pantalon retenu par une grosse ceinture de cuir, coiffé d'un béret usé jusqu'à l'étiquette, il attendait les amis de passage qui, chacun son tour, le rejoindrait sur son banc pour parler du temps, des amis disparus, des enfants et petits-enfants, d'ici ou d'ailleurs...

Comme tous les jours depuis le décès de sa chère épouse, inhumée dans le haut du village, tout près de chez lui, là où se dressait jadis un fier château, José s'asseyait sur ce banc à dix pas de l'école de ses petits-enfants et de la mairie. Aux mêmes heures, deux fois par jour, le veuf lézardait là au soleil de l'été, et l'hiver se glissait dans l'agence de son fils à qui il ressassait l'histoire du comté, tantôt en français, tantôt en tendasque, parfois encore en italien, en bon fils de ce pays de passage(1). Quoique son fils François fût gourmand des histoires de son père, il ne parvenait pas à soutenir une conversation en langue tendasque, trop patoisante pour ce fils de la ville.

(1) le tendasque est lui-même un parler mélangé des 2 langues, française et italienne (une sorte de franco-provençal), en fait un patois celto-ligure.
Le fait qu'il y ait trilinguisme n'est pas dû à des maîtres différents mais à sa géographie.
Le comté a longtemps appartenu au duché de Savoie, parfaitement francophone.

A l'heure du souper, José regagnait sa jolie casun de la rue de la Vigne, une charmante maison à trois niveaux, de pierre et de bois avec un toit de lauzes comme toutes celles du village, flanquée d'une cave autrefois bergerie en demi-sous-sol, avec au rez-de-chaussée une cuisine faisant office de salon salle à manger ; aux étages, des chambres avec leur balcon en mélèze orienté sud donnant sur le bas du village où trône en son centre la cathédrale collégiale du XVème siècle. La maison, modeste, est confortable et chaleureuse, tout encombrée des souvenirs d'une vie simple et heureuse. José est un homme solide et d'humeur égale. Il vit seul mais ne connaît pas la solitude et si la vieille ville est calme, elle n'est pas déserte.
José est né à Tende le 16 septembre 1947, le jour même où cette très étendue commune qui s'étage entre 700 et 3.000 m d'altitude devint française, après un référendum où la population se prononça à la quasi-unanimité pour le rattachement à la France. Ses parents l'appelèrent donc José-François, heureux de redevenir finalement français. Chaque 16 septembre, et pour les fêtes de la Saint-Eloi et de la saint-Roch, le village en fête se bariole des antiques étendards aux couleurs jaune et rouge frappées de l'aigle byzantin à deux têtes des seigneurs comtes Lascaris de Vintimille, ancêtres de José-François, dont le premier du nom, au XIIIe siècle, épousant la princesse Eudoxie de Lascaris, dernière descendante d'empereurs romains d'Orient, prit en même temps avec fierté le nom.

Comme ses parents et tous ses ancêtres, José appartenait à une robuste race d'hommes et de femmes forgée du roc de ce village encastré dans la vallée de la Roya, dont les habitants ont su apprivoiser au cours des temps les paysages sauvages et escarpés de planches savamment cultivées, et faire prospérer, plus bas, dans le village de Saorge, des oliviers, qui côtoyaient même jadis de la vigne. A cette terre ensoleillée mais reconnaissante aux hommes, jamais l'eau ne fit défaut ; et les bêtes, à l'image des paysans qui les élevaient, bénéficiaient de la même réputation de solidité. Ne loue-t-on pas encore, d'ailleurs, des deux côtés de la frontière, brebis briguasques ou mules tendasques ?

Tende est située sur la Route du Sel, celui qu'on récoltait dans les salines de Provence et que l'on acheminait à dos de mules jusqu'à Turin en passant par le fameux col de Tende, aujourd'hui évité par un tunnel routier construit en 1882, qui fut en son temps le plus important avec ses 3.182 mètres rapprochant les deux versants du Piémont d'alors à 1.300 m d'altitude. Nichée à 850 mètres dans la Haute Vallée de la Roya, Tende est située au pied du col du même nom qui culmine à 1.871 mètres, le moins élevé des passages des Alpes et autrefois le plus direct entre la Provence et le Piémont. A la sortie du tunnel, ce sont les stations de ski des 3 amis, de limonetto et de Limone que les touristes français cherchent aujourd'hui. Ce sont les plus ensoleillées des Alpes.
Depuis les temps les plus reculés, le village de Tende a ainsi offert à ses habitants un travail considérable lié au transport des voyageurs et des marchandises. A la fin du 18ème siècle, on recensait 46.000 bêtes qui partaient de Nice pour franchir le fameux col, dont quelque 16.000 étaient chargées de marchandises diverses : bois, lait et fromages, huile... et les 30.000 autres transportaient le précieux sel.

La plupart des habitants de Tende possédaient un, voire plusieurs mulets ou mules. Parfois se produisaient des accidents ; parfois aussi des brigands avaient attaqué un convoi. Des calamités qui pouvaient bien plonger dans la misère un muletier et sa famille. D'où la création d'une corporation de muletiers, la Confrérie des Muletiers de Tende, dite aussi de Saint-Eloi, société de secours mutuels comme toutes les confréries du temps jadis, et comme telle chargée de pallier aux besoins des plus nécessiteux d'entre eux par suite de malheurs, de maladies ou de vieillesse, au moyen d'aides en argent ou autres, et pourvoyant même aux funérailles. Évidemment cette confrérie ne pouvait être placée que sous la protection de saint Eloi, patron des muletiers... et des orfèvres ! Le grand-père paternel de José, muletier lui-même, était un membre éminent de la confrérie.

De nos jours, cette confrérie est toujours présente. Les membres sont tous descendants de vieilles familles tendasques. La Saint-Eloi se célèbre encore aujourd'hui chaque deuxième dimanche de juillet : mulets et chevaux magnifiquement caparaçonnés défilent dans les rues et ruelles du village, accompagnés de fanfares et de groupes folkloriques, avant de se regrouper pour la traditionnelle bénédiction des bêtes, juste avant la grand-messe de la Saint-Eloi, sur le parvis de la splendide collégiale du XVème siècle, témoin d'une ancienne et forte population de religieux répartis alors en une multitude de couvents. Fait exceptionnel, subsistent encore trois confréries de Pénitents -Blancs, Noirs et Rouges. Les églises restent bien remplies car José, comme la majeure partie des villageois, est demeuré fidèle à son baptême et à son Église et il accompagne les deux curés du village dans leur mission. Le vrai patron de Tende, n'est-il pas saint Michel Archange? c'est un grand privilège.
José au fond n'avait guère quitté le monde du transport, lui qui avait travaillé toute sa vie à la SNCF, d'abord à Nice, puis ensuite à Tende, lorsque la voie ferrée reliant Nice à Turin fut réhabilitée en 1979. Bien que la ligne existât depuis 1928, la circulation s'était interrompue avant la guerre et tous les ouvrages furent détruits pendant celle-ci. Aujourd'hui, le train relie Nice ou Turin en 1h30.
Sa femme, elle, travaillait à l'hôpital de Tende ; oui, ce village de deux mille âmes a SON hôpital, avec sa maison de convalescence ! Faut-il le dire cependant ? Les robustes tendasques ne remplissent guère les salles d'hôpital, non plus que les cabinets de médecins et autres soignants... Tende, station de santé ? Peut-être... N'est-elle pas sertie dans ce grand Parc classé qu'est le Mercantour, où poussent toutes sortes de champignons, de salades et de légumes sauvages et où l'eau du robinet, gratuite, est pure.
Bref, si vous voulez vous installer à Tende, ne comptez pas sur la déficience physique de ses habitants, fussent-ils centenaires (eh oui!), mais plutôt sur leur côté bon-vivant : soyez cafetier, restaurateur ou hôtelier, boulanger... Tous métiers loués ici dans les guides touristiques pour leur accueil et leur qualité.

Et ce n'est pas tout : on trouve encore à Tende deux musées, le musé des Merveilles et celui du miel, un cinéma, le Mont Bego, une piscine , un golf, le golfe de Viévola, un centre équestre. Et bien sûr, des écoles (où les enfants apprennent l'italien et le ski dès les petites classes), un collège et demain un lycée.

Évidemment, nombreux sont les touristes qui fréquentent cette station balnéaire et certains n'en repartent plus ! Les uns s'installent dans le village ou les hameaux environnants, d'autres plus hardis préfèrent une bergerie à restaurer, à quelques dizaines de minutes de marche du village... Où trouveraient-ils ailleurs un village entre ciel et terre, entre mer et montagnes, avec toutes les commodités désirables ? Qui permet des balades 'nature', les sports de montagnes de moyenne et haute altitude, et qui est à moins de 45 minutes de la Méditerranée française ou italienne ?

 

José a une filleule dont il s’est toujours bien occupé en bon parrain qu’il a toujours été ; c’est sa seule filleule et il l’a toujours considéré comme sa fille. D’ailleurs c’est lui qui lui avait donné le prénom de Rita, la sainte piémontaise des causes désespérées. Le papa de la petite Rita s’était tué dans un accident de moto survenu sur la route de Vintimille lorsque Rita n’étais pas encore née.

Aujourd’hui Rita est une belle et intelligente jeune femme de 26 ans, d’une humeur souriante et fidèle épouse d’un artisan tendasque.

Rita discutait un peu trop longuement avec le maître nageur originaire d’Agen lorsque Michel, le mari, s’approcha du couple illégitime, il crut percevoir une conversation un peu trop salé à son goût ; très contrarié Michel menaça le maître nageur d’un pruneau dans la tronche. S’ensuivit une discussion vive qui monta brutalement en décibel et eut pour résultat d’amuser la moitié des clients. La poitrine opulente de Rita suscitait toujours un vif intérêt, et pas seulement des sportifs ; notre Rita était aussi tout sourire et entamait facilement une conversation ; bon public ses conversations était rythmé de rire aux éclats qui ne pouvaient laisser indifférent aucune oreille masculine normalement constituée.

Michel d’un caractère jaloux et ombrageux, est un jeune homme fort, de haute taille aux épaules bien charpenté. Le verbe haut Michel veille au grain ; très amoureux de sa femme il tolère extrêmement difficilement que d’autres mâles tournent autour de cette femme dont il est épris depuis les premiers sentiments amoureux ; si différents et si complémentaires on pourrait dire que ces deux là sont faits l’un pour l’autre, comme ces oiseaux que l’on appelle les inséparables.

La discussion s’estompa après quelques mots délicieux de Rita à son mari, comme d’habitude ; le miel apaise toujours les ours. Les pruneaux n’ont pas été servis et l’avertissement fut bien entendu par le maître nageur qui se refroidit dans la piscine, sous le regard amusé des villageois qui barbotaient dans la piscine et qui avaient autant l’habitude des scènes de Michel que des démonstrations affectueuses du couple. Il est toujours distrayant d’admirer le spectacle que donne le mélange du feu et de l’eau.

Rita avait perdu son père mais pas sa fortune. Le grand-père paternel de Rita, Marcello Ramollo avait des boucheries dans tout le Piémont à l’époque où Tende la merveilleuse était italienne. En une génération et grâce à la contrebande durant l’entre deux-guerre et pendant celle-ci, il avait pu faire une fortune sonnante et trébuchante et davantage encore. En 1947, quelques jours après que Tende soit devenue française à l’unanimité moins quelques voies (dont celle des Ramollo), Marcello avait réuni ces trois fils autour de la table familiale avec le couteau paternel planté sur la table. Sur un coin de la pièce était entassé pas moins de 12 sacs de jute remplis de pièces d’or de plusieurs kilos, 3 caissettes remplis de billet de banque où toutes les devises valables se côtoyaient dans les proportions en vue d’amortir au maximum des risques de dévaluations et sur le bout de la table devant le paternel des titres de propriétés dont certains se résumaient à une simple lettre, où apparaissait les parties, la chose et le prix. Les bijoux étaient pour la fille. Et il en resterait encore des biens…En Italie. Les trois fils, d’un an d’écart chacun avaient la vingtaine, et il valait mieux être jeune et en bonne santé pour compter, partager, négocier, échanger et conclure se partage sous l’œil arbitral du paternel. Sur les 10.000 hectares que compte la commune de Tende près de 10 % avait été acquise par Marcello et puis il y avait les bêtes. Cette fortune était restait intacte sous l’œil de sa mère et de son parrain. Les pièces en or s’étaient converties en immeuble à Nice et Menton, les billets de banques étaient devenus de prospère contrat d’assurance vie, géré par un conseiller en Gestion de Patrimoine indépendant niçois ; quant aux terres, la plupart avaient été échangées contre des casuns, des granges, des chabotes et quelques immeubles modernes de Tende. Il restait encore de nombreux hectares à Pont Riche, à Lamentarghes, Cravaluna, Campileggio et vers les hameaux de Granille et de la Pia.

Malgré la fortune du couple, et leur large contribution à l’I.S.F., la famille n’occupait qu’une maison de village de 3 niveaux au calme sans prétention particulière faite de pierre et de lauze.

 

A SUIVRE....

 

 
+++ Tende à seulement 1H15 de Nice en Train ou en Voiture +++ Tende à mi-chemin entre Turin et Nice, sur la route du Sel, sur la route du Baroque +++